Rencontre Résidents Salariés Bénévoles !

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« RSB ». Tous les deux ans (jusqu’à maintenant) résidents, salariés, bénévoles, se retrouvent au mas pour réfléchir ensemble sur un thème concernant la maison, son organisation, son identité. Comme chaque année, certaine aurait bien voulu se récuser : parce que trop vieille… Mais qui pourrait à leur place porter la voix de leur présence ancienne à la maison et à sa précarité d’alors ? Ce 7 décembre, plus de quatre-vingt-trois personnes membres de l’association ont répondu présents à l’invitation (25 résidents (35 %), 7 salariés (10 %), 39 bénévoles (55%), ont animés les quatre ateliers prévus sur  la matinée).

 La réflexion (exposé préalable, petits groupes, mise en commun) se proposait de revisiter la question de « la place de chacun » dans la maison, en commençant par la place que peut prendre la maison elle-même dans nos vies au Mas :

« Que de traces inscrites en ce lieu !

Les traces des carriers

Traces de doigts usés

Traces de machines rudimentaires qui arrachent les calcaires

Traces du sabot des chèvres

Traces d’une mer retirée il y a si longtemps.

Traces du pas hésitant d’un homme rendant grâce

Traces d’hommes recherchant la paix

Traces devenues innombrables… » [1]

Au fil et au cœur de ces traces, que devenons-nous et quelles influences sur notre perception du dehors, et sur le dedans et l’intime ? Quelles certitudes pour vivre ensemble aujourd’hui ?

La mise en commun des petits groupes a révélé quelques belles perles de vie et deux remarques questionnantes : « Pendant deux ans, ils m’ont défoncé à coup de médicaments. Ici ils m’ont fait plus de bien en quinze jours qu’eux en deux ans ! » Et la question d’un bénévole : « Nous avons un dehors qui est nourri par le dedans de Carles. Est-ce que les résidents peuvent nourrir leur « dedans de Carles » par un « dehors de Carles » (avoir une « vie sociale ») ?

Au fil des interventions on soulignera :

* la force des témoignages portés vers l’extérieur (qu’il s’agisse des Rencontres Joseph Persat ou des interventions au Tiers-Lieux à Paris) ; c’est peut-être cela la militance : être militant, dit quelqu’un, c’est être celui qui prend toute sa place là où il se trouve ;

* la question de savoir ce que Carles peut apporter à la société : un peu plus d’humanité pour se construire dans la reconquête d’une certaine autonomie ;

* qu’il se dit que Carles est ce village gaulois bien connu, dont la potion magique est le lien qui unit tout le monde ; et cette remarque faite ailleurs : « Je suis DU mas de Carles et non AU mas de Carles. »

* qu’il est important de chercher de vrais financements (autre que simplement philanthropiques) : parce qu’on n’est pas sur le front de la charité et parce que l’activité donne de la valeur à celles et ceux qui y participent ;

* l’importance de la patience déployée dans l’accompagnement des personnes qui subissent une addiction, pour laisser venir le déclic libérateur : j’arrête ! Ce que l’on peut apporter de mieux à l’autre, c’est la confiance retrouvée.

Il s’est agi, aussi, de (re)donner un nom à ce type de rencontre et à leurs participants. RSB : résilience, sagesse, beauté a traduit un des participants. Les corroyeurs, les carriers, les compagnons… A creuser encore !

[1] Atelier d’écriture 2018-2019, p. 25.