Les pauvres nous excèdent

« Fais seulement que les pauvres redeviennent des pauvres. Car ils ne le sont pas. Ne sont que les non-riches, sans vouloir et sans univers; marqués du sceau des angoisses suprêmes, partout effeuillés et défigurés. » C’est sur cette citation de Rainer Maria Rilke que s’ouvre ce petit livre du jésuite Philippe Demeestère, Les pauvres nous excèdent, Bayard, 2012, 16€. Il raconte l’histoire au quotidien d’une association, La Margelle. Et par delà cette histoire en commun avec eux, la réalité de notre étrangeté réciproque ponctuée par ce constat : « nous sommes demeurés imperméable les uns aux autres. Imperméables comme est imperméable à l’eau de mer –quand bien même serait-il trempé jusqu’aux eaux- le navigateur qui se hasarde du côté de ses parallèles que l’on dit rugissants, hurlants. » Invitation à « demeurer apte à juger les limites des invitations que nous adressons » au pauvre. Jeter des pierres dans le marais sans savoir si un passage ne finira pas par en surgir !

AuteurPhilippe Demeestère
EditeurBayard, 2012
Prix16 €

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