Etre Solidaire !

Solidarité(s).

« Le mot émerge dans le vocabulaire juridique au XVIIIème siècle, comme synonyme de « solidité ». C’est sous ce sens qu’il figure encore dans le code civil. Alors que le droit civil ne reconnaît en principe d’obligations qu’entre individus, la solidarité permettait de les penser sur un plan collectif, en l’absence de tout lien communautaire et de tout consentement individuel, ce qui a permis à la sécurité sociale de s’émanciper du contrat d’assurance. » (Alain Supiot). Frein à l’extension de la logique marchande à toutes les activités humaines, elle est la cible privilégiée de l’ultralibéralisme, parce qu’elle est le refus de voir les plus pauvres payer leur injuste contribution au bonheur des plus riches. « Faudra-t-il encore longtemps laisser retentir les bruits de bottes et des chenillettes des chars qui trouvent, eux, à être financés, alors que nos gouvernants semblent de moins en moins capables de proposer un travail pour tous ? » (AG 6 mars 2003). En écho, les propos de Jean Lavoué : « C’est le régime… qui a mobilisé les fondateurs, les bénévoles, les premiers professionnels à inventer dans la reconstruction d’après-guerre des formes d’intervention éducative et sociale qui devaient limiter les logiques d’exclusion de la communauté humaine de quelque membre que ce soit, fut-il le plus vulnérable et le plus démuni et justement parce que plus démuni et plus vulnérable. »

« Darwin a conféré à l’agressivité ses lettres de noblesse. Il en a fait le moteur premier de la vie dans la nature comme dans la société. Or ce moteur a été singulièrement freiné par la mise en place, au cours de l’évolution, des mécanismes qui atténuent et même inhibent, chez de nombreuses espèces, les comportements agressifs. De son côté, par ses cultures, ses philosophies, ses religions, l’humanité a tenté de même, quoiqu’avec un succès mitigé, de réduire les comportements belliqueux si puissants au sein de notre espèce. Partout l’agressivité demeure, mais bridée et contenue de manière à éviter l’autodestruction des espèces vivantes, y compris la nôtre – du moins l’espérons-nous ! Par ailleurs, au-delà de la loi de la jungle, face aux comportements agressifs et compétitifs, l’évolution n’a cessé de mettre en œuvre, leséquilibrant du même coup, des mécanismes et des comportements coopératifs, créant des symbioses élaborées et d’étroites solidarités entre individus et espèces. A chaque étape de l’évolution des êtres vivants, dans tous les écosystèmes – la société humaine y compris -, ces solidarités apparaissent comme le vrai moteur de la vie. »

A nous, après nous en être laissé persuader, de les faire fonctionner comme une offre réelle de vie commune.

(Voir « Partage », « Soutenir »)

Etre solidaire au Mas de Carles !