Confinement : jour 32

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En célébrant cette Pâques inédite dans sa forme liturgique, je pensais que nous avions, pour une très modeste part, vécu quelque chose de ce qu’avait vécu celui que les croyants appellent le Christ. Cette part de confinement : lui dans une tombe pour dire à tous que la mort n’aura plus jamais droit de cité, nous dans nos maisons pour éviter les dangers du virus à celles et ceux que nous aurions pu croiser. Rien de comparable. Mais beaucoup à réfléchir pour nous maintenir dans l’effort.

Comme l’écrit Denise : « Avec l’arrivée progressive du virus, le confinement et la pandémie, nous n’avions jamais vécu un Carême pareil. Avec la souffrance et la mort des malades, et tous les pauvres, les exclus…qui paient injustement le prix fort à la lutte contre le virus, avec tous ceux qui vont perdre leur travail et se retrouver ruinés…. nous n’avions jamais vécu un  Vendredi saint pareil. Alors, nous n’aurons jamais vécu une Pâques pareil où déjà tant de promesses nous annoncent un monde où les humains trouveront leur place … dans la mesure où ils seront à la hauteur de cet incroyable cadeau. Belle fête de Pâques. Je vous embrasse. »

Après ceux de l’intérieur, le salut à ceux qui de l’extérieur nous accompagnent. Et font relais pour la vente des productions « carliennes », toutes bio, quelques-unes AOP comme le fromage. Nommons ces bienfaiteurs : Pierre B., Pierre-Alexis et Gaby, Angèle, Annie, Jacinthe, François et Roseline, Marie-Pierre, Bénédicte, Jean-Pierre, Christine, Valentine, Cécile, l’équipe du Village, le groupe des voisins de la Trillade. Sans compter celles et ceux qui nous alimentent en pain.

Nombreux sont les courriers, écrits divers, dessins qui nous arrivent. En forme d’encouragement à tenir bon et que Maryse partage à toute la maison.

Et puis est venue l’annonce à laquelle nous savions bien que nous ne pouvions pas échapper : confinement jusqu’au 11 mai. Encore 24 jours à tenir… sans que soient plus précisées les modalités du dé-confinement. Sinon qu’il paraît clair que les malades et les « vieux » devront attendre leur tour plus longtemps que les autres. Héla ! Difficile de vieillir par les temps qui courent ! Mais tout aussi difficile à chacun ici d’imaginer la suite de la vie avec ou sans ou moins de Covid19 : « Il est bien vrai que nous sommes sur cette crête de vertige : entre ce qui, derrière nous, se défait et ce qui, devant nous, n’apparaît encore que comme un songe, quand délivrés du poids du jour, nous laissons venir en nous les puissances de l’Ailleurs » (Maurice Bellet).

L’épopée Franckie se poursuit. Après deux ou trois jours à l’hôtel, une place est disponible à la Croix-Rouge. Il s’y présente en retard : « non-respect du règlement intérieur ». Quelques jours entre hôpital dans la journée (au chaud) et marche errante le soir dans les rues de la ville. Puis direction Montpellier où une opportunité semblait se profiler. Chou blanc ! Retour à Avignon. Et finalement nous lui trouvons une chambre d’hôtel !


« Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre. Soudain Disney n’a plus de magie. Paris n’est plus romantique, New-York ne reste plus debout, le mur chinois n’est plus une forteresse et la Mecque est vidée.

Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d’amour.

Soudain vous avez réalisé que le pouvoir, la beauté, l’argent ne valaient rien et ne pouvaient pas vous procurer l’oxygène pour lequel vous vous battiez.

Le monde continue sa vie et il est magnifique : il ne met en cage que les humains. Je pense qu’il nous envoie un message : Vous n’êtes pas indispensables. L’air, la terre, l’eau et le ciel sans vous vont bien. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes mes invités. Pas mes maîtres. »

Texte proposé par Pierre Bonnefille.

Olivier Pety, le 17 avril 2020