ASSEMBLEE GENERALE du 24 avril 2019

ASSEMBLEE GENERALE

Association Mas de Carles

24 avril 2019

Comme chaque année, à l’invitation de Joseph qui demandait que l’on prenne « soin de lire mon testament dans chaque assemblée générale » [1], nous prenons le temps de réentendre ce testament spirituel de notre fondateur. Parce que ce texte est le fondement des statuts de l’association et le pilier de notre présence au mas.

« Un homme découvrit un trésor caché dans un champ. Dans sa joie, il s’en alla, vendit tout ce qu’il possédait et acheta le champ » (Évangiles de Mt 13,44).

« Cet homme, c’est moi-même. Le trésor, c’est le Mas de Carles. Un jour, j’ai découvert Carles. Ce fut, pour moi, un émerveillement. Je découvris un site exceptionnel. Il s’en dégageait une ambiance de paix, avec un certain fond de mystère. J’ai été séduit. J’ai compris qu’il y avait là quelque chose à faire, une chance à ne pas manquer. J’ai passé une grande partie de ma vie à accueillir : j’y ai vu là l’aboutissement d’un projet.

« Les plus déshérités, ceux qui n’ont plus de famille, de travail, y auraient leur place. Tous ceux qui ont soif de paix, de calme, d’amitié, y viendraient. Une vie fraternelle de partage y serait possible loin de tout ce qui divise : l’argent, la race, la culture, etc. Carles deviendrait un lieu fort pour de nouveaux départs.

« Carles a une vocation d’accueil. Depuis des années, Carles a accueilli des milliers de personnes et ce sont les plus pauvres qui y ont trouvé demeure. « C’est pourquoi je demande aux membres de l’association d’entrer dans ce mouvement d’accueil, déjà réalisé en partie, pour le développer et le soutenir avec désintéressement… Carles ne deviendra jamais un objet d’intrigue, un lieu de trafic, de commerce ou réservé à quelques-uns ».

Fait à Avignon, le 15 Janvier 1981

Père Joseph PERSAT, Fondateur du Mas de Carles.

 Parmi les principaux excusés : Jacques Vivent, Fred Eymard, Claude Canali, Bertrand Gaume (Préfet de Vaucluse), André Castelli (Municipalité d’Avignon et Grand Avignon), Mohamed Mehenni (directeur départemental par intérim de la cohésion sociale du Gard), Philippe Fournier (Ferme Claris), Claire Mazellier (Pôle Emploi), Marie-Hélène Cuvillier… et quelques autres.

Rapport d’activités

(PAD et l’équipe des salariés)

A/- QUELQUES CHIFFRES 2018

 17.218 journées d’hébergement, pour 39 personnes différentes hébergées dans le cadre du lieu à vivre, 18 personnes différentes hébergées dans le cadre de la pension de famille et 14 personnes différentes hébergées dans le cadre de l’urgence.

 Soit 45 personnes hébergées par jour en moyenne.

12 personnes accueillies au Mas de Carles sur une action collective d’insertion (ACI), et 18 personnes en CDDI accueillies en chantier d’insertion, (36 209 heures de travail réalisées par 35 salariés soit 20 équivalents temps plein).

27 416 repas servis 7 jours sur 7 et 365 jours/an – 75 repas/jour en moyenne (coût d’un repas : six euros avec le coût du salarié).

Des formations techniques et sociales pour les salariés et les résidents ont été dispensées pour un budget de 13 O97 €.

L’équipe de permanents se compose de 15 salariés pour 11.76 équivalents ETP.

3.800 kilos d’olives ramassées pour 400 litres d’une huile bio excellente.  25.000 fromages fermiers BIO produits, dont 11.300 Pélardons AOP vendus sur les marchés (Villeneuve le jeudi, Carrefour des maréchaux le samedi matin, allées de l’Oulle à Avignon le lundi soir), dans les boutiques bio du Grand Avignon et aussi servis dans des restaurants étoilés.

B/- ACCUEIL.

  1. Les caractéristiques dominantes.

* la moyenne d’âge des personnes hébergées est de 53 ans ; 17 personnes ont plus de 59 ans ;

* la zone géographique des demandes d’accueil se compose pour l’essentiel, des communes gardoises du Grand Avignon et Avignon ;

*  les personnes accueillies sont majoritairement des hommes seuls

  1. Evolution de l’accueil.

L’accueil se réalise sur des périodes plus ou moins longues, avec différents statuts. Hébergement dans le lieu à vivre ; logement dans la pension de famille ; statut de salarié pour les personnes extérieures dans le cadre du chantier d’insertion ; action « grain de sel » ; accueil de jour pour des personnes extérieures en lien avec les structures de soins ; séjour de découverte pour des personnes qui envisagent un hébergement au Mas.

94 personnes différentes, ont été accueillies au Mas de Carles sur nos différentes propositions d’accueil (hébergement, insertions) : * 84 hommes ; * 6 femmes ; * 2 couples

C/- HERBERGEMENTAU MAS.

L’hébergement au Mas de Carles s’effectue de trois manières différentes :

  • L’Accueil Immédiat : nous assurons une activité d’urgence, car comme le précise le Code de l’Action Sociale et des Familles : « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » (art. L 345-2-2). Les personnes sont orientées par le SIAO du Gard. L’association est conventionnée pour 3 places (une chambre double et une chambre seule). Lors des plans « grand froid » et « canicule », nous augmentons d’une place la capacité de cet accueil.

En 2018, 14 personnes ont séjourné au Mas de Carles dans le cadre de l’accueil immédiat, dont 3 ont ensuite intégré le Lieu à Vivre, pour un taux d’occupation de 107,8%.

  • Le Lieux à Vivre est construit sur 4 piliers :  c’est tout d’abord un hébergement qui est le préalable à toute démarche. Nous proposons la réalité d’un accueil par un collectif, au sein duquel chacun trouvera des repères pour rompre avec la solitude, c’est là une première insertion. L’activité permet de retrouver un rythme de vie et une utilité. L’accès à la citoyenneté développe l’estime de soi par l’insertion dans l’environnement social et culturel.  Ce mode de vie n’est pas sans exigence, mais l’objectif est de faire naitre une véritable autonomie. L’association est conventionnée pour 30 places.

En 2018, 39 résidents ont séjourné au Mas de Carles dans le cadre du Lieu à Vivre. 10 personnes ont quitté le lieu, pour un taux d’occupation de 100,63%.

  • La Pension de Famille: est une solution de logement accompagné qui permet au Mas de Carles d’accueillir des personnes en grande exclusion qui sont vieillissantes ou ayant des problèmes de santé. La présence de l’hôte garantit un soutien individuel concernant les démarches variées ainsi qu’une animation de la vie collective. Les résidents de la pension de famille sont invités à participer à l’activité de la ferme et de l’ensemble du Mas. L’association est conventionnée pour 13 places.

En 2018, 18 résidents ont séjourné au Mas de Carles dans le cadre de la Pension de Famille, dont un couple. 5 nouvelles personnes ont intégré la Pension, pour un taux d’occupation de 105,2%.

 (On trouvera un document renseigné (« Rapport d’activités 2018 ») au Mas de Carles : il est à votre disposition à la demande).

  1. Mouvements.

En juin, Momo a quitté la pension de famille. Il s’est marié et occupe un très beau logement à Uchaux.

Le 18 novembre, Jean Claude a rejoint la maison de retraite La petite Camargue à Beauvoisin.

Le 31 octobre, le décès brutal de Philippe a bouleversé toute la communauté.

On note les arrivées de Jean Noël, Joël P. et Joël B. qui intègrent la pension de famille, venant du « Lieu à Vivre ».

  1. La ferme.

Rien d’un long fleuve tranquille. L’entrée de nouvelles chevrettes achetées en Ardèche a permis l’amélioration du troupeau. Par contre nous n’avions pas anticipé leur vieillissement plus rapide, lié à des sélections plus pointues. Par ce fait, 2018 redevient une année moins facile avec des animaux plus fragiles.

L’élevage des poulets continue tranquillement sa mise en place, l’objectif étant d’avoir à la vente environ 25-30 poulets par semaine. Pour cela nous devons avoir plusieurs bâtiments. En 2019, un nouveau bâtiment verra le jour, permettant déjà de fournir davantage de volailles.

Maraîchage (belle année dans le cadre de l’Agrobio 84 et du suivi technique DEFI), oliveraie (ramassage au vibreur électrique nous permettant d’assurer la récolte dans les temps), activités bois (bois reçu de l’élagueur et demandes en augmentation). 2018 a vu la reconstruction complète de l’atelier de transformation(restauration des murs, électricité, plomberie, faïence, carrelage et réaménagement intérieur). Tout est prêt pour des fabrications de confitures et de conserves à base de légumes…

D/- INSERTION

L’activité générale du chantier d’insertion est désignée sous le terme « Activité agricole (label bio) – entretien d’un espace naturel. » Elle se divise en 3 secteurs : la Chèvrerie-Fromagerie / le maraîchage – Arboriculture / L’entretien de l’espace naturel.  La répartition entre ces différents secteurs d’activité se fait en fonction des souhaits personnels et avec un ajustement lié aux moyens humains nécessaires à chaque activité suivant les saisons. Les salariés, à leur entrée sur le chantier d’insertion, signent un CDDI (Contrat de Travail Déterminée d’Insertion), d’une durée de 6 mois renouvelable de 26 heures par semaine.

Deux sessions de recrutement ont été organisées sur l’année de référence sous forme d’information collective puis entretiens de recrutement individuels dans les locaux du Mas de Carles.

Ces sessions de recrutement ont été réalisées avec la participation du Conseil Départemental Gard, du Pôle Emploi de Villeneuve les Avignon et de la Mission Locale de Villeneuve les Avignon.

Le chantier a recruté 19 personnes au cours de la période de référence. La convention prévoit 12 postes de travail. 10 postes pour les bénéficiaires du RSA, 1 poste pour un demandeur d’emploi de longue durée et 1 poste pour un jeune de moins de 25 ans. Les personnes ont été recrutées en lien avec les organismes prescripteurs (Pôle Emploi, Mission locale, le CMS des Angles et le point emploi de Roquemaure).

Les personnes accueillies sur le chantier pendant l’année 2018 cumulent plusieurs difficultés sociales et économiques. Après une première évaluation réalisée par l’accompagnatrice, il en ressort que pris individuellement, les freins à l’insertion professionnelle touchent une majorité des participants à l’action [2].

La majorité des salariés ont peu d’expérience professionnelle et présentent un CV qui témoigne une grande précarité au regard de l’emploi. La situation socio-économique des personnes reste dégradée et ces personnes n’ont pas de réseaux de soutien (familial, amical…) et, de plus, ils sont dans des situations d’isolement et/ ou de rupture.  Pour 70 % d’entre eux l’expérience professionnelle est limitée à des contrats courts et précaires de types saisonniers. Les premiers tests, montrent que 50 % d’entre eux ont des problèmes de lettrisme ou rédactionnel.

L’accompagnement socio-professionnel des personnes en insertion est réalisé en interne par une salariée en contrat pour 0.33 ETP. Les lundis et les jeudis matin sur le site du Mas de Carles.

L’engagement des salariés en insertion dans la formation et la mise en place d’un projet professionnel reste faible. Les problématiques sociales viennent « parasiter » la mobilisation sur l’activité et sur le projet. Le taux d’absentéisme dû à des maladies a été important pour cette année 2018.

Pour la moitié des personnes recrutées, les freins à l’emploi (dans un chantier d’insertion) sont nombreux. Cette situation ne permet pas de créer une émulation au sein des salariés.  Il paraît nécessaire de rediscuter des modalités d’orientation et des critères de sélection qui conduisent les prescripteurs à orienter des personnes sur le chantier d’insertion.  Au regard des résultats attendus dans le cadre de cette action d’insertion, il est nécessaire de définir un minimum requis qui permettrait aux personnes d’accéder à la réalisation d’un projet d’insertion.

En ce sens, nous envisageons de renouveler l’action « évaluation initiale CLEA » en partenariat avec le Greta Gard sur l’année 2019, en mobilisant d’avantage les personnes sur la nécessité de poursuivre cette démarche vers des parcours de formation. Un partenariat conventionné est également envisagé avec le Centre de Bilan de Santé d’Avignon.

Fin 2018, un travail a débuté sur un projet d’ateliers informatique en lien avec le Relais Emploi de Roquemaure afin de poursuivre la lutte contre la fracture numérique. Ces ateliers débuteront début 2019 au sein des locaux du Relais Emploi à Roquemaure.

Une action spécifique (AIA) est proposée sur le mas. Elle a concerné exclusivement des hommes qui ont quitté la rue ou un environnement précaire et plutôt malsain pour la santé. La moyenne d’âge est de 45 ans. L’arrivée au Mas de Carles constitue une étape de réappropriation d’un rythme et d’une hygiène de vie dans un cadre qui cherche à redonner aux personnes l’envie des initiatives et des projets.  Ce temps du « lieu à vivre » permet aux hommes de participer aux activités de la ferme, à la gestion des espaces naturels, et aussi de vivre un compagnonnage actif dans le cadre d’une action locale de solidarité. Ce contenu, auquel s’ajoute un accompagnement quotidien, forge une conviction : le choix de vivre au Mas de Carles à valeur d’insertion. Cette conviction est une réponse à un certain nombre de représentations qui considèrent que l’insertion ne peut se faire qu’ailleurs.

E/- ET ENCORE

CITOYENNETE. La citoyenneté s’exprime à travers l’implication personnelle des résidents dans l’organisation et l’animation de manifestations ouvertes sur l’extérieur. Par exemple : participation à Ciné Change à UTOPIA ; la foire aux plantes rares à Sérignan en avril ; le marché de Noël avec Biotope à Avignon ; l’organisation et la participation à l’opération nationale « Ferme en Ferme », fin avril (450 visiteurs cette année) avec parcours de découverte : 49 repas servis et confectionnés uniquement avec des produits du Mas de Carles et 26 épouvantails, mascottes de cet évènement, confectionnés avec l’aide des écoles alentours, notamment le collège du Mourion. Disposés un peu partout sur le site, elles indiquaient le sens de la visite pour les visiteurs qui souhaitaient se promener seul.

La chorale du lundi soir est animée par Alain Castilla, et est un moment de détente assuré. Sortie cinéma suivie d’un petit restaurant apprécié par les résidents.

Le séjour à Saint Paul de Vance remporte toujours autant de succès.

La fête des voisins : il en était question depuis quelques années déjà. Et puis la 1ère eu lieu. Des invitations ont été distribuées sur le plateau tout autour de nous. Et le 8 juin, quatre familles voisines ont honoré cette invitation. Ce fut beaucoup pour un commencement. Une bonne soirée qui s’est conclue par un joyeux : « A l’an prochain ».                (Claire Boulai)

Atelier d’écriture : animé par Joël, ce rendez-vous qui a trouvé son rythme au fil des saisons depuis 2015. Espace créatif, il rassemble des résidents, des bénévoles et des salariés du Mas de Carles ; c’est-à-dire les trois composantes du projet associatif. L’objectif est d’écrire ensemble, chacun à partir de son expérience, de sa situation et de son mode d’im plication dans le projet commun. Écrire pour soi et pour les autres dans une simple démarche d’expression personnelle et collective. »

(Joël Lemercier)

 BÉNÉVOLES. Intervenant dans plusieurs secteurs, et de manière régulière, les bénévoles assurent un temps d’activité correspondant à 6 ETP (Equivalent Temps Plein). Permanences téléphonique (14 bénévoles qui s’auto gèrent pour les besoins de remplacements) ; cuisine (6 bénévoles, avec formations appropriées) ; les marchés (5 bénévoles) ; collecte du pain (8 bénévoles) ; activités de production (variable) englobant cueillettes, fromages, jardin, conserves, confitures (avec formation idoine) ; veilles (3 bénévoles) ; couture (2 bénévoles). Cette équipe s’investit aussi pour la journée « Portes Ouvertes », la collecte de la Banque Alimentaire, le service des repas lors du week-end de « Ferme en Fermes » … Chaque activité est l’occasion de relations de compagnonnage, dans un échange de savoir-faire et de savoir être : chacun apporte à l’autre et reçoit de l’autre.

L’équipe se réunit tous les 2 mois, pour faire le point des actions menées et pour prendre le temps de réfléchir au sens d’une présence au sein de l’association. A ce titre, nous participons aux différents travaux de réflexion qui sont en cours au Mas, en particulier « Carles 2025 » et le travail initié par l’Agence Innov LR, émanation de l’Université Montpellier Business School.

Un but commun : une vie belle pour tous faite de solidarité, de bienveillance, de spiritualité.

(Roseline Ponceau)

COMMUNIQUER.

Sur mission du Conseil d’Administration, en partenariat avec l’Agence Innov LR, émanation de l’Université Montpellier Business School, la commission communication a travaillé en ateliers afin de redéfinir sa stratégie, suivant 3 types de communication : orale, visuelle et écrite.

Suivent deux approches : l’une portant sur la présentation de la vie à Carles, l’autre sur ses activités.  A partir des outils de communication actuels (lettre – livres – site internet), il a été souhaité de : revoir et modifier la présentation du site ; créer une bannière présentant l’association et ses actions (sur le stand du marché, ou autre manifestation) ; réaliser une plaquette de présentation favorisant le développement du mécénat ; initier un slogan qui caractériserait le Mas de Carles (sa vie – ses activités) ; réfléchir à une présentation uniforme des produits de Carles (étiquettes et autres supports).

Après trois réunions ouvertes à tous (résidents, bénévoles et salariés), il a été convenu de poursuivre ce travail et de mettre en œuvre rapidement les modifications retenues. C’est le travail dans lequel les bénévoles s’investissent actuellement : une meilleure communication et la recherche d’un slogan.

Parallèlement, JCB a proposé à tous un site renouvelé, plus simple, plus clair, signalant qu’il ne vivrait (le site) que s’il était régulièrement entretenu : ce qui suppose que chacun propose à JCB ou à Roseline tel ou tel contenu.

OACAS. Dans son avis du 23 mai 2017 le Conseil National de Lutte contre les Exclusion (CNLE) précisait qu’un réexamen des demandes d’agrément pour les sept structures lieu à vivre qui n’avait pas obtenues l’agrément était possible. Pendant l’année 2018 nous avons donc repris les dossiers de ces associations. Nous avons travaillé avec la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGSC) pour faire valoir au mieux le travail d’insertion sociale et de promotion sociale accomplit par ces communautés auprès leurs résidents. Le 18 décembre 2018 nous sommes auditionnés par les membres du CNLE. Tous les dossiers reçoivent un avis favorable, sauf pour une structure qui semblerait relever plutôt du secteur médico-social.  Sur les dix lieux à vivre qui ont demandé l’agrément OACAS, neuf l’ont obtenu à ce jour : La Bergerie de Berdine (84), l’association ALICE (83), l’association AC3 les collines (83), le GAF (31), La Celle (30), La ferme Claris (30), Le Mas de Carles, (30), Vogue la galère (13), Ilda Soler – les Moreuils (13).

Un travail de reconnaissance de la spécificité de nos projets qui a été continu depuis maintenant 15 ans !  Il reste cependant encore du chemin à faire pour que les lieux d’entraide, de travail collectif et de vie communautaire soient reconnus comme une alternative réelle à l’isolement et à la précarisation d’une partie de nos concitoyens.

CARLES 2025. Comme à l’accoutumée, pendant l’année 2018 nous avons profité des temps habituels de rencontres dans le cadre des « dialogues de Carles » avec les résidents et dans le cadre des réunions d’équipe de salariés et d’administrateurs pour continuer à définir (précise) un projet associatif pour aujourd’hui et demain, « Carles 2025 ».

Lors du conseil d’administration du 2 juillet 2018, 3 thématiques ont été retenues, sachant que nous pouvons retrouver dans ces thématiques l’ensemble des termes évoqués lors des différentes réunion résidents, bénévoles, salariés :  à Carles, nous voulons être solidaires, bienveillants et inviter à vivre une spiritualité.

Dans un deuxième temps nous avons débattu de ce que pourrait être la mission de Carles à partir des 3 propositions qui ont été formulées par les différents groupes de travail (une plus grande autonomie financière, un meilleur accueil, une gouvernance renouvelée). Cela pourrait s’écrire : « Accueillir des personnes en situation d’exclusion, en leur offrant une alternative respectueuse de leurs temps et de leurs rythmes. Cet accueil se fait dans le cadre d’une proposition de vie communautaire, d’entraide et d’activités agricoles. Cet engagement conduit l’association à une réflexion plus globale sur la précarité. »

9ÈME RENCONTRE JOSEPH PERSAT. La rencontre s’est déroulé le 20 octobre 2018 au lycée Saint Joseph en Avignon. Sur la thématique « travail et activités », elle a réuni une centaine de personnes.   Un reportage photo réalisé pendant l’année 2018 sur les situations d’activités vécues au sein de Mas de Carles a donné lieu à une exposition du travail réalisé par l’atelier photos de Totout’Arts, centre social et culturel des Angles. Claude Emmanuel Triomphe (conseiller du Haut-Commissaire à l’Engagement Civique) avait accepté d’animer cette belle journée, sérieuse et conviviale, dont les actes font l’objet d’une publication dans la collection Les cahiers du Mas de Carles N° 13, en vente à la demande, au Mas de Carles.

L’ensemble du rapport d’activité est approuvé par la majorité des adhérents à l’association (ni contre, ni abstention).


Rapport financier

(Joël Aymard)

Comme à son habitude, Joël nous a proposé une lecture simple et claire de l’état des finances de la maison. Quelques chiffres sur le financement global des activités de l’association.

Recettes 2018 :         1 338 566 €

Dont :

 Activités maison :              175 334 € – 13,1%

(174 991 € en 2017)

 Participation résidents :        65 472 € –   4,8 %

(63 097 € en 2017)

 Dons et legs :                     168 086 € – 12,5 %

(135 719 € en 2017)

 Subventions publiques :     639 084 € – 47,7 %

(622 911 € en 2017)

 Contrats aidés :                  177 197 € – 13,2 %

(188 565 en 2017)

 Adhésions :                                3 235 € – 0,2 %

(4500 € en 2017)

Dépenses 2018 :         1 352 462 €

Dont :

 Salaires permanents :       373 308 € – 27,6 %

(382 164 € en 2017).

 Chantier d’insertion :          155 529 € – 11,5 %

(163 332 € en 2017).

 Charges sociales :            205 790 € – 15,2 %

(210 825 € en 2017).

 Achats et charges ext. :     373 979 € – 27,6 %

(341 132 € en 2017).

 Dot. amortissements :       147 823 € – 10,9 %

(149 090 € en 2017)

 Accompagnement résidents : 21 445 € – 1,6 %

(16 746 € en 2017)

 Charges exceptionnelles :          485 €

(16 505 € en 2017)

 Produits exceptionnels :        60 045 € – 4,5 %

(60 540 € en 2017).

L’exercice est au total déficitaire de 13 895 €.

Après l’intervention du commissaire aux compte, ce budget est soumis au vote de l’assemblée, qui l’approuve à la majorité.

Le bilan complet des comptes 2018 est à votre disposition au Mas de Carles.

MECENAT.

Le développement des activités, l’entretien des bâtiments de Carles nécessitent sans cesse de nouveaux investissements.

Si le soutien des Amis de Carles, de ses adhérents souvent donateurs sont réalité – de gros investissements obligent à faire appel à mécénat

Déjà de grands groupes nous accordent leur soutien, leur partenariat, y compris financier. Par exemple le groupe Vinci, la société Bruneau, le groupe St Gobain, etc. Dans le cadre de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), la multinationale Avignonnaise GSE, nous accorde son intervention technique, dans les grands projets :

 * Réalisation d’un AGORA, lieu de rencontre, d’échange, de loisirs ;

 * Rénovation de la CHEVRERIE (suivant les nouvelles techniques de construction) ;

Dans l’immédiat d’autres projets sont à réaliser :

 * Création et installation de deux nouveaux poulaillers, permettant ainsi la mise à disposition permanente de poulet fermiers BIO ;

 * Achats de silos pour l’alimentation du bétail ;

 * Rénovation de trois toitures, pour les bâtiments d’hébergement.

L’ensemble de ces projets immédiats demandent une enveloppe de 100 000 €.

Alors, aidez-nous à trouver des partenaires pour leur financement. Sachant qu’il devient difficile aujourd’hui d’avoir des interlocuteurs “humains” dans la relation pour du Mécénat, certaines Fondations demandant des dossiers informatisés où il faut remplir des cases !!!!

Vous avez des adresses, des noms d’entreprises susceptibles de nous aider contacter nous à Carles en nous laissant un message, à l’attention de Gérard Fumat et Pierre Bonnefille. Nous comptons sur vous.

 (Pierre Bonnefille)

FONDS JOSEPH PERSAT-MAS DE CARLES

Le 14 janvier 2013, sur la proposition de son président, le conseil d’administration du Mas de Carles décidait de la création d’un Fonds de dotation, conformément à la loi n°2008-776 du 4 août 2088 de modernisation de l’économie, articles 140 et 141, et le décret n° 2009-158 du 11 février 2009. Il en désignait les premiers adminstrateurs : Messieurs Olivier Pety, Hubert Legeay, Fredéric Eymard et Patrick Chevrant-Breton.

Un fonds de dotation est une personne morale de droit privé ayant pour objet d’assurer ou de faciliter la réalisation d’une œuvre ou d’une mission d’intérêt général. Il a pour vocation principale la capitalisation de droits et de fonds afin de redistribuer les bénéfices issus de cette capitalisation, soit directement en vue de la réalisation d’une mission d’intérêt général, soit à une personne morale à but non lucratif afin de l’assister dans l’accomplissement de ses missions ou de ses œuvres d’intérêt général (il s’agit ici de soutenir les actions du Mas de Carles).

Depuis cette date le nombre des administrateurs a doublé (Joël Aymard, Vincent Pety, Bernard Renoux, Jacques Vivent, Claude Avrillon), mais l’objet est toujours le même : soutenir les actions du Mas de Carles.

Un marque-page a été édité pour relayer les invitations aux legs et aux dons. Merci de diffuser l’information. (OP)

Elections

Chaque année, un tiers des membres du CA est invité à renouveler sa candidature. Cette année, il s’agit de ; Christiane Rochas, Jean-Marie Dor, Gérard Fumat, Olivier Pety, Pierre Vidal.

A l’unanimité, les « cinq » sont reconduits dans leur fonction d’administrateur. Le Conseil d’administration du Mas de Carles se compose donc comme suit :

Jacinthe Aguettant (infirmière retraitée), Joël Aymard (expert-comptable), Pierre Bonnefille (retraité), Claude Bruguier (retraité spectacle), Robert Dewulf (retraité tribunal administratif régional), Jean-Marie Dor (retraité douanes, histoire de la maison), Frédéric Eymard (prêtre orthodoxe), Gérard Fumat (retraité entreprise), Mathias Henriot (chef de service St Ange), Josette Lambert (mère au foyer, histoire de la maison), Hubert Legeay (retraité), Robert Mazzocchi (retraité SEPR), Olivier Pety (prêtre catholique), Vincent Pety (entreprise de fuel), Roseline Ponceau (retraitée actions d’insertion), Christiane Rochas (retraitée, histoire de la maison), Pierre Vidal (retraité de la fonction territoriale).

Chacun des administrateurs participe à l’animation de l’un ou l’autre des pôles d’action constitutifs de l’organe directeur de l’association : conseil de présidence (J. Aymard, P. Bonnefille, R. Dewulf, O. Pety) ; pôle secrétariat (R. Ponceau, J. Aguettant, P. Vidal) ; pôle financier et mécénat (P. Bonnefille, F. Eymard, G. Fumat, V. Pety) ; pôle animation bénévoles et réflexions (R. Ponceau, M. Henriot, F. Eymard, H. Legay) ; pôle animation culturelle (C. Bruguier, JM Dor, J. Lambert, R. Mazzocchi, Ch. Rochas).

Conclusions

Nous sommes à un moment un peu troublé de l’histoire de notre association, disais-je l’an dernier ici. Et j’ajoute : c’est toujours vrai et c’est la même chose pour beaucoup associations et beaucoup d’autres lieux.

Le monde comme il (ne) va (pas).

En Inde, en Israël, il suffit d’attiser la haine contre les musulmans pour être assurés de faire un bon score aux élections.  En Italie, en Autriche, en Pologne, en France et dans beaucoup d’autres endroits ce sont les migrants qui sont dans le collimateur, ou les juifs ou d’autres encore. Et ces attentats qui déciment régulièrement les lieux de rassemblement des femmes et des hommes.

Ici.

Plusieurs réalités interrogent, hier comme aujourd’hui :

les changements intervenus dans la composition de l’équipe animatrice : six départs (dont deux à la retraite), soit la moitié de l’équipe. Cela n’est simple pour personne : ni pour les arrivants ni pour ceux qui restent, chacun ayant besoin de (re)trouver un équilibre entre les différents intervenants, de prendre le temps d’investir ensemble un projet associatif qui n’est pas un modèle absolument courant.

les invitations institutionnelles : comme celle de prendre à notre charge ce que d’autres ne font plus faute de personnel suffisant et à raison de l’exigence pressante de l’Etat de tout miser sur le travail ».

Carles s’est vu proposer par le conseil départemental de devenir un guichet pour allocataires du RSA (en vue d’une recherche rapide d’emploi). Etonnement. Car cela est loin des actions que nous menons ici pour des personnes qui viennent le plus souvent de la rue. Des actions en terme :

* d’offre d’un habitat stabilisé (manger, dormir et vivre de manière sécurisée) ;

* de vie commune, là où l’individualisme de la rue a détruit le réflexe d’accueil de l’autre ;

* d’activités à vocation vivrière, d’accroissement de compétences personnelles renforcées, de prise de responsabilité ;

* de mise au clair d’une relation renouvelée avec les familles, l’extérieur environnant, la culture, etc.

Le CA vote à l’unanimité la décision de ne pas signer la totalité de la convention proposée :

nous souhaitons conserver la partie qui concerne l’accueil, deux jours par semaine, de personnes en recherche de stabilisation en vue d’une possible intégration au chantier ;

mais nous avons renoncé à la partie « guichet », parce que nous ne savons pas faire et parce que nous n’avons pas les moyens en personnel d’accompagnement. Décision prise tout en étant bien conscients qu’il pouvait y avoir des conséquences financières.

Cette « petite affaire » soulève aussi pour nous la question du partage entre action publique et action privée. Quand la force publique se contente de donner raison à celles et ceux qui réclament moins d’impôts on ne peut pas ne pas savoir que ce qui était jusqu‘alors pris en charge par l’Etat ou les Collectivités territoriales risque peu à peu de l’être par le privé (ou ses équivalents, y compris les grands pools associatifs). Ce qui risque bien de finir par menacer ce que nous cherchons à défendre : les plus pauvres en font souvent les frais ! C’est l’origine de notre refus d’adhérer à la prise en charge de l’animation d’un guichet RSA jusque-là pris en charge par Pôle Emploi et le CMS (la force publique). Je crois qu’il y là matière à sérieuse réflexion.

Entre autres, celle-ci.

Un peu partout les pauvres paient généralement cash l’exercice de cette forme de néo-libéralisme, jamais repu de profits : des riches toujours plus riches. Des pauvres toujours plus pauvres, dont le nombre ne diminue pas vraiment (près de 9 millions à ce jour en France) :

sans cesse renvoyés à la culpabilité de leur état de pauvreté (quand bien même tout le monde sait que l’autre côté de la route ne suffit à aider nos hommes à trouver du travail) ;

souvent logés à la rue ou dans des conditions peu acceptables (on parle de 40.000 places manquantes si on y inclut les migrants)… et je n’ose même pas évoquer Marseille et la rue d’Aubagne ;

qui deviennent invisibles aux yeux de notre société et qui qui ne peuvent qu’en souligner l’effet destructeur : ce qui « vous fout par terre, (c’est) quand plus personne n’a besoin de vous » [3] (exprimé au SOS).

Et ce qui se passe aux bords de nos routes depuis quelques mois, ces femmes et ces hommes qui protestent contre la faiblesse de leur pouvoir d’achat, par-delà la justesse pour leur quotidien des questions qu’ils posent, n’interroge absolument pas le sort des plus mal lotis qu’eux. Etat, gilets jaunes, classe moyenne tout se passe comme s’il suffisait, pour ceux qui ne gagnent pas toujours autant qu’ils le voudraient, de gagner plus. En laissant de côté les questions autour des plus pauvres de nos sociétés. Comme s’il fallait se ménager une catégorie au-dessous de la nôtre pour se rassurer que nous n’en sommes pas encore là ! Comme si maintenir un étage économiquement inférieur, était une sécurité offerte à l’étage du dessus !

En réponse, Etat et Conseil Départemental exigent en boucle que nos accompagnements débouchent sur 50% de mise à l’emploi… d’un emploi qui n’existe plus pour tous depuis déjà bien longtemps. Schizophrénie institutionnelle qui ouvre grand la porte au rejet des rejetés et à un mépris de classe qui s’expose au grand jour. Et partout des restrictions : de budget, de pensée claire, de partage, d’accueil, de solidarité active. Partout des remises en cause de ce qu’on croyait être le cœur de nos attentions : la solidarité. Ce qui paraît aux antipodes d’un lointain passé où vivaient ensemble Homo luzonensis (67.000 ans) et Homo sapiens, (40.000 ans) pourtant fort différents l’un de l’autre (du côté des Philippines) ! A méditer, peut-être : on peut coexister quoiqu’étant différents. Y’a du boulot !

Troisième remarque : nos vieillissements. On dit, généralement, que le sommet de la vie se situe autour de 49 ans. Du moins c’est ce prétendait Platon si je me souviens bien. Et peu l’ont depuis démenti. Après, disent les spécialistes, il faut renoncer aux rêves de pouvoir encore grandir. On ne grandit plus, mais on s’élargit (comme le fait notre corps). Regrets. Nostalgie, parce qu’on a du mal à intégrer cette perte, parce qu’on semble perdre pied, à certains égards :

* cela vaut au niveau personnel et individuel, vient à l’idée de votre président (qui commence à fatiguer et à saturer) que le temps du passage de témoin n’est plus très éloigné, si l’on ne veut pas s’engloutir dans une routine qui affadirait notre identité. Que cela passera nécessairement par la recherche et l’accueil de plus jeunes qui ne surgiront pas du chapeau d’un coup de baguette magique ; mais qui ne nous rejoindront que si nous nous mettons à leur recherche. Cela aussi fait partie de Carles 2025, même si aujourd’hui 2025 me paraît un terme éloigné et assez peu raisonnable en ce qui concerne ma propre longévité.

* cela vaut au niveau associatif : la moyenne d’âge des personnes accueillies est de 53 ans (entre 25 et 75 ans), dont 19 personnes (près d’un tiers) sont au-delà de cet âge moyen. Rien à nous reprocher, mais sans doute une organisation différenciée à réfléchir, pour mieux rebondir. Avec la question de savoir à quelles conditions garder une relation apaisée à notre identité tant collective (en tant qu’association) qu’individuelle ? C’est bien l’intention première de ce lent rabâchage (pour certains), de cette lente maturation (pour d’autres) que représente Carles 2025, avec ses invitations : une gouvernance renouvelée, un meilleur accueil, une plus grande autonomie financière dans le triple appel à la bienveillance, à la solidarité, à la spiritualité. L’occasion de nous laisser interroger à nouveaux frais sur nos choix et nos pratiques d’accueil, hors des démagogies environnantes, des petits choix comptables, des idéologies protectionnistes et des tentations de radicalismes en tous genres qui semblent irriguer de plus en plus notre société et notre monde :  est là pour nous rappeler que « le constant n’est pas l’immobile. Il chemine avec nous. Le constant est ce qui se tient avec. Maintien. Te tends la main, voyageur fatigué » (Roger Munier, L’instant).

* au niveau de notre planète : le changement climatique (autre signe de saturation) risque bien d’engendrer des changements dans nos pratiques agricoles. Demandez à Raymond, à Alain, à Patrick : la pluie qui se fait évasive, les légumes et les arbres qui prennent de l’avance dans leur maturation… Même si cela reste une pratique évidente pour nous, dire « bio » ne suffit peut-être plus pour conjurer et accompagner ces changements qui envahissent notre terre. Peut-être un jour nous faudra-t-il revoir la liste de nos plantations pour économiser l’eau et continuer à nourrir notre terre ? Peut-être… pour que vivent celles et ceux à qui nous voulons faire toute leur place. Pour ne jamais renoncer à mettre encore en musique la petite certitude têtue que nous confiait René Char : « Il n’y a que mon semblable, la compagne ou le compagnon qui puisse m’éveiller de ma torpeur, déclencher la poésie, me lancer contre les limites du vieux désert afin que j’en triomphe. » [4]

Enfin on a souligné tout à l’heure le travail commun dans plusieurs domaines :

entre le mas de Carles et Totout’Arts en matière de cuisine (sous la houlette de Joël) ;

ce qui se réalise, ici, avec des résidents (nouveaux ou non) très partie prenante de la vie de la maison (c’est l’origine de 30% de nos recettes) ; et développeurs d’activités nouvelles telles que la chorale, le théâtre ;

la reconduite de l’atelier d’écriture avec Joël Lemercier et sa trilogie d’acteurs : bénévoles, résidents, salarié (qui est seule et une) ;

le travail réalisé autour de la préparation et de la réalisation de la neuvième  rencontre Joseph Persat, sur « activités et travail » dont le fruit se communique à travers l’expo photos réalisée par le groupe des photographes de Totout’Arts (Saze, Pujaut, bientôt peut-être à Villeneuve) et le livret des actes de la rencontre.

Cette face des « choses » de Carles doit nous permettre de relancer notre réflexion sur l’entraide, ce que certains nomment l’autre loi de la jungle [5] : « L’entraide n’est pas un simple fait divers, c’est un principe du vivant. C’est même un mécanisme de l’évolution du vivant : les organismes qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas les plus forts, ce sont ceux qui arrivent à coopérer…  La compétition ne favorise pas le lien, elle pousse à tricher, détourne du bien commun. En effet, pourquoi investir dans le commun si cela peut favoriser les concurrents ? » Les deux auteurs, (tous deux biologistes), invitent leurs lecteurs à se débarrasser de la mythologie de la loi du plus fort parce qu’elle « a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »

Et il y a sans doute besoin d’élargir cette notion d’entraide, dans nos murs et au-delà des murs de nos murs. Selon le baromètre de France Générosités, les dons aux associations ont diminué de plus de 4% en 2018. Du jamais vu depuis 1993… [6] Réactiver cette solidarité-là, ce mode d’entraide, est sans doute un point d’attention et d’action à nous donner pour les temps qui viennent, ce qui a été souligné dans le cadre du troisième point d’attention de Carles 2025 : augmenter notre autonomie financière. D’autant que beaucoup de nos donateurs ne sont plus très jeunes : ce n’est pas un reproche mais le lieu d’une alerte pour notre économie locale, même si ce début d’année est marqué par quelques beaux dons (Georges, Pierre Joseph, Manissy, l’Epiphanie).

Celles et ceux qui nous ont quitté

Alain Rogeat (22 janvier 2018) ; Aimée Saint Etienne (15 mars 2018) ; Yves de Gasquet (16 mars 2018) ; la maman de Gérard Fumat (30 avril) ; le compagnon d’Elisabeth Béranger (31 août) ; Luc Tournel et la maman de Jean Philibert (19 décembre) ; Patrick Morand (31 décembre 2018) ; Vincent Beccu, un ancien des chantiers d’insertion qui n’en avait pas encore le nom (4 janvier 2019) ; Bernard Joffre (25 février) ; Michel Joujoux (13 mars) ; René Brunot, le papa des amis de Valence (22 mars) ; René Richenauer, ancien résident (7 avril)…

Et je voudrais aussi vous confier celles et ceux qui sont morts dans ces attentats qui déciment régulièrement les lieux de rassemblement des femmes et des hommes de notre temps ; qui dévastent nos interrelations humaines et entre croyants, au nom d’une idéologie qui ne peut se revendiquer d’aucune foi ni croyance, sinon celle de croire que la barbarie pourrait en être une : Nouvelle-Zélande et Sri Lanka, en sont les dernières manifestations : « Le feu ne se nourrit Que de sa ruine. La cendre est son vrai nom. » (Roger Munier)

« Deux choses nous éclairent, qui sont toutes les deux imprévisibles : un amour ou une mort. C’est par ces événements seuls qu’on peut devenir intelligents… peut-être les seuls où on apprend vraiment, parce qu’ils amènent une question qui excède toutes les réponses. » (Christian Bobin) [7]

Au regard de la parution tardive de cette 93ème « Lettre de Carles » il y aurait beaucoup de choses à se partager concernant les deux mois d’été, écrasant de chaleur et riches en événements (pas toujours heureux).

Promis, nous le ferons dans la prochaine lettre.  Avec toutes nos excuses.

[1] Joseph Persat, Mon testament, 6 décembre 1992. Cité dans Les cahiers du mas de Carles, n° 1, Joseph Persat, prêtre (1910-1995), Editions Scriba, 1995, p. 8.

[2] 7 personnes rencontrent des problèmes de santé, parfois importants. Le chantier devient un temps pour les soins ; 12 personnes sont en difficulté sur les savoirs de bases ; 3 personnes sont en procédure devant les tribunaux ; 6 personnes sont en situation précaire concernant le logement ; 6 personnes rencontrent des difficultés financières (dettes…) ; 6 personnes rencontrent des difficultés liées à la mobilité ; 5 personnes rencontrent des difficultés familiales

[3] Secours catholique, Contribution au grand débat, mars 2019.

[4] René Char, La bibliothèque est en feu, 1956.

[5] Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, L’entraide, l’autre loi de la jungle, Editions Les liens qui libèrent, 2017.

[6] Journal La Croix, 9 avril 2019.

[7] Christian Bobin, La lumière du monde, nrf Gallimard, 2001, p. 162.

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